ENGIE et CMA CGM ont signé un accord-cadre pour développer une unité de production de biométhane dans la zone industrialo-portuaire du Havre. À partir de 2029, le site doit fournir chaque année 7 000 tonnes de biométhane, soit 100 GWh, à la flotte de CMA CGM, avec un objectif d’environ 23 000 tonnes de CO? évitées par an.
Le projet sera développé par ENGIE, qui pilotera la conception technique et les procédures d’autorisation. Sous réserve d’une décision finale d’investissement, le groupe assurera ensuite la construction et l’exploitation de l’unité. CMA CGM prendra une participation minoritaire via PULSE, son fonds dédié aux technologies et infrastructures contribuant à la décarbonation de ses activités.
Déchets agricoles et biodéchets transformés en carburant
À partir de 2029-2030, l’installation doit transformer des déchets issus de l’élevage, des biodéchets ménagers et des résidus agricoles en biométhane. Le carburant sera acheminé jusqu’aux navires de CMA CGM via le réseau gazier européen, dans le cadre d’un dispositif certifié de traçabilité.
Le procédé doit également produire 100 000 tonnes de digestat, utilisable comme fertilisant naturel par les agriculteurs locaux, ainsi que permettre la récupération de 13 000 tonnes de CO? biogénique destinées à être commercialisées.
Selon les deux groupes, le biométhane permettra de réduire d’au moins 67 % les émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie par rapport aux carburants marins conventionnels. Il pourra être utilisé par les navires de CMA CGM propulsés au GNL sans modification des moteurs ni des infrastructures existantes.
Plus de 200 navires compatibles d’ici 2030
CMA CGM indique que plus de 200 navires de sa flotte équipés de moteurs bicarburants pourront fonctionner d’ici 2030 avec du biométhane, du biométhanol ou des carburants de synthèse. Le groupe vise la neutralité carbone de l’ensemble de ses activités à l’horizon 2050.
ENGIE vise de son côté une capacité annuelle de production de 10 TWh de biométhane en Europe d’ici 2035, contre 1,2 TWh actuellement. Les deux partenaires indiquent que d’autres projets du même type sont déjà à l’étude en France et en Europe.
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