Le travail hybride reste minoritaire dans les pratiques mais largement plébiscité dans les intentions. Selon la 10e édition du rapport annuel d’Owl Labs sur le travail hybride, 67 % des salariés français travaillent aujourd’hui entièrement en présentiel, tandis que 62 % choisiraient un modèle hybride s’ils en avaient la possibilité. L’étude met également en évidence une évolution plus large des attentes autour de la flexibilité, du rapport au bureau, de l’intelligence artificielle et de la confiance accordée aux salariés. La méthodologie détaillée de l’enquête, notamment la taille de l’échantillon français et les dates de terrain, n’est pas précisée dans les éléments transmis.
La flexibilité devient un critère de choix d’un emploi
Le salaire reste la première priorité des salariés interrogés, cité par 87 % d’entre eux, mais la flexibilité gagne du terrain dans les arbitrages professionnels. Les horaires flexibles arrivent en tête des avantages les plus attractifs chez un employeur potentiel, avec 40 %, devant la semaine de quatre jours, citée par 33 % des répondants. Les salariés interrogés se déclarent prêts à renoncer en moyenne à 6,7 % de leur salaire pour bénéficier d’horaires flexibles, et à une proportion équivalente pour travailler quatre jours par semaine. Plus significatif encore, 41 % indiquent qu’ils refuseraient une offre d’emploi ne proposant pas d’horaires flexibles. Cette recherche de souplesse se traduit également dans l’organisation de la journée de travail. 51 % se disent intéressés par le “microshifting”, qui consiste à répartir ses tâches sur plusieurs plages horaires non linéaires, en fonction des contraintes personnelles ou des moments jugés les plus productifs.
Une journée au bureau coûte en moyenne 25 euros
Le coût du présentiel contribue également aux arbitrages. Pour un salarié hybride, une journée au bureau représente en moyenne 25 euros de dépenses, contre 23 euros en 2025. Une journée à domicile coûte en moyenne 9 euros, soit un écart de 16 euros par jour selon Owl Labs. Ces dépenses peuvent notamment intégrer les transports, les repas ou d’autres frais liés à la présence sur site.
94 % pourraient revenir davantage au bureau avec les bonnes incitations Les salariés interrogés ne rejettent pas pour autant le bureau. 94 % déclarent qu’ils pourraient être convaincus de s’y rendre davantage si certaines conditions étaient réunies. Une meilleure rémunération arrive en tête des incitations, citée par 45 % des répondants, devant la possibilité de choisir ses jours de présence, à 32 %. Les repas ou boissons gratuits ou subventionnés et un trajet domicile-travail plus court sont chacun cités par 24 %. À l’inverse, une réduction de la flexibilité pourrait avoir des conséquences sur l’engagement. Si celle-ci leur était retirée, 28 % commenceraient à chercher un emploi offrant davantage de souplesse et 10 % démissionneraient. Parmi ceux qui resteraient, 19 % indiquent qu’ils seraient moins heureux et 15 % moins enclins à fournir des efforts supplémentaires. Dans le même temps, 35 % des salariés déclarent que leur niveau de stress professionnel a augmenté depuis l’année précédente.
Trois salariés sur quatre ont déjà utilisé l’IA au travail
L’intelligence artificielle progresse rapidement dans les usages professionnels. 75 % des salariés français déclarent utiliser ou avoir déjà expérimenté l’IA au travail, contre 66 % en 2025. Plus de la moitié, 53 %, estiment que ces outils améliorent leur productivité et leur permettent d’accomplir davantage de tâches. 48 % considèrent également que l’IA renforce leur confiance dans leur capacité à réaliser leur travail. L’encadrement par les entreprises ne progresse toutefois pas au même rythme. Parmi les utilisateurs d’IA, 29 % reconnaissent utiliser des outils qui ne sont pas officiellement approuvés par leur employeur. Parallèlement, seuls 46 % des salariés indiquent que leur entreprise encourage ou impose activement l’utilisation de l’intelligence artificielle. Ces usages non validés, parfois qualifiés de « shadow AI », posent notamment des questions de sécurité, de gouvernance des données et d’encadrement des pratiques.
Près d’un salarié sur deux pense être surveillé
L’étude révèle également une forte sensibilité aux dispositifs de surveillance en entreprise. 47 % des salariés pensent que leur employeur surveille leur activité, par exemple à travers leurs horaires de connexion, leur participation aux réunions ou leur utilisation du clavier. Face à ces pratiques, 78 % estiment que les employeurs devraient être légalement tenus d’informer les salariés lorsqu’ils utilisent des outils de surveillance. Dans le même temps, les managers interrogés reconnaissent les bénéfices de nouvelles organisations du travail : 53 % considèrent que le travail hybride ou à distance a amélioré la productivité de leurs équipes.
Les réunions hybrides toujours pénalisées par les problèmes techniques
La technologie reste enfin l’un des principaux points faibles du travail hybride. 73 % des salariés rencontrent des retards liés à des problèmes techniques lors des réunions hybrides, qui mettent en moyenne près de cinq minutes à démarrer. Parmi les difficultés les plus fréquemment citées figurent les échos et distorsions sonores, mentionnés par 67 % des répondants, ainsi que les difficultés à entendre tous les participants, également citées par 67 %. 63 % déclarent rencontrer des difficultés pour participer pleinement aux échanges. Dans ce contexte, 76 % des salariés considèrent désormais l’accès à des technologies performantes comme un critère professionnel important. « La question n’est plus simplement de savoir combien de jours les salariés doivent passer au bureau, mais de leur donner les conditions nécessaires pour être performants, engagés et connectés, où qu’ils travaillent », indique Frank Weishaupt, CEO d’Owl Labs. Pour Owl Labs, l’enjeu pour les entreprises se déplace ainsi du simple choix entre présentiel et télétravail vers la qualité de l’organisation hybride, l’encadrement des nouveaux outils numériques et la capacité à maintenir un équilibre entre autonomie, performance et confiance.
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