Intelligence artificielle : La France candidate pour accueillir une gigafactory européenne d’IA
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La France a confirmé son intention d’accueillir une gigafactory d’intelligence artificielle dans le cadre de l’appel à projets lancé par la Commission européenne, par l’intermédiaire de l’entreprise commune EuroHPC. L’État s’engage à commander 100 millions d’euros de capacités de calcul au projet qui sera retenu sur le territoire français.
L’initiative européenne « AI Gigafactories » vise à développer des infrastructures de calcul performantes, sécurisées et décarbonées afin de renforcer la chaîne de valeur européenne de l’intelligence artificielle. EuroHPC accordera une attention particulière à la diversification des fournisseurs et aux garanties apportées en matière de sécurité des données.
Un engagement d’achat de 100 millions d’euros
La commande prévue par la France doit répondre aux futurs besoins de ses administrations publiques, notamment dans les secteurs de la recherche et de la santé hospitalière.
Cet engagement portera sur l’achat de capacités auprès d’opérateurs privés à l’horizon 2027. Il restera distinct des investissements réalisés par l’État dans ses propres infrastructures de calcul.
Le financement public conjoint doit réduire les risques associés aux investissements en capital nécessaires à la réalisation du projet et favoriser la mobilisation de financements privés. Il doit également apporter de la visibilité au consortium sélectionné et accélérer le déploiement de l’intelligence artificielle dans les services de l’État, conformément au plan « Notre IA ».
« Derrière ces infrastructures, il y a le quotidien de nos agents : des heures passées à saisir, à retranscrire, à chercher une information plutôt qu’à être auprès des usagers. Déployer l’IA au bénéfice d’un million d’agents publics suppose une puissance de calcul massive, et nous la voulons sur notre sol, sous notre droit. C’est le sens de l’engagement d’achat de 100 M€ que prend aujourd’hui l’État. La souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se construit », déclare David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics.
Compléter les infrastructures publiques de calcul
L’initiative complétera les achats de supercalculateurs publics et le programme « AI Factories » portés par le Grand équipement national de calcul intensif, GENCI.
Elle doit permettre de constituer un continuum entre les infrastructures publiques existantes, comme le supercalculateur Jean Zay, les AI Factories opérées par GENCI et les futures capacités privées de très grande échelle.
« La puissance de calcul est devenue une condition indispensable de la découverte scientifique, au même titre que les laboratoires et les grands équipements. Avec les AI Gigafactories, nous complétons le continuum français et européen qui va de Jean Zay et des AI Factories opérées par GENCI jusqu’aux infrastructures privées de très grande échelle. C’est la condition pour que nos chercheurs, nos étudiants et nos start-up continuent de s’appuyer sur l’IA d’aujourd’hui, mais aussi d’inventer, en France, l’IA de demain », indique Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace.
La valeur ajoutée européenne constituera l’un des critères de sélection des projets. La France explorera également, dans les prochaines semaines, des partenariats avec d’autres pays européens afin de mobiliser des investissements supplémentaires.
Des candidatures ouvertes aux entreprises et organismes publics
L’appel à projets est ouvert aux consortiums et aux entités spécialement constituées réunissant des entreprises, des organismes publics et des investisseurs. EuroHPC procédera à la sélection après la date limite de dépôt des dossiers.
« La France, avec son électricité décarbonée et son écosystème innovant, est la terre d’accueil idéale pour les gigafactories d’IA. C’est ici, en Europe, que se joue l’avenir souverain et compétitif de l’intelligence artificielle », déclare Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
« Avec l’initiative AI Gigafactories, la France s’engage aux côtés de l’Union européenne pour développer des capacités de calcul souveraines en IA sur notre sol. Cette initiative permettra de construire une chaîne de valeur européenne sur les centres de données dédiés à l’IA. Par ce biais, la France entend promouvoir une troisième voie, alliant sécurité des données, interopérabilité et excellence environnementale pour les infrastructures de calcul », précise Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique.
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